Inès est une jeune étudiante de l’ISCOM Montpellier, elle est diabétique de type 1 depuis l’âge de ses 16 ans et a bien voulu répondre à quelques questions sur son quotidien, le regard des autres, la prévention du diabète et toutes ces questions que l’on ne se pose pas assez sur cette maladie dont le fardeau est quotidien.

Inès est une jeune femme de 22 ans, elle étudie la communication en cinquième année à l’ISCOM de Montpellier et rêve de faire tomber tous ces préjugés, regards pesants, stigmatisations dont elle est témoin au quotidien.

Inès à 16 ans lorsqu’elle apprend par son père que sa vie ne sera plus la même. En effet, on vient de lui diagnostiquer un diabète de type 1, aussi appelé diabète insulinodépendant. Lors de vacances familiales, Inès ressent une fatigue constante, des envies d’uriner très fréquentes. Elle ne s’inquiète pas pour autant, elle se dit que la rentrée scolaire du lendemain est surement la raison de ses maux. Son père, médecin généraliste, reconnait bien ces symptômes et pose un premier diagnostic : soit une infection urinaire, soit un diabète. Rendez-vous est pris le lendemain dans le cabinet paternel afin de lever les doutes.

Ça y est, c’est le grand jour de la rentrée scolaire. Malheureusement pour Inès cette journée s’arrête à 12h, lorsque son père vient la chercher au lycée pour l’emmener à l’hôpital. D’habitude très blagueur, c’est le visage triste que son père l’accompagne :

« Que se passe-t-il ?

– Les résultats sont arrivés au cabinet et tu es à 2,5g/L de glycémie, il ne faut pas dépasser 1,26 »

Inès ne connaissait pas du tout cette maladie avant d’y être confrontée. Toutes ces informations, les changements au quotidien bouleversent la vie de cette jeune lycéenne, elle vit cette annonce comme une véritable claque. Sa famille est également chamboulée par cette annonce et c’est avec une grande maturité pour son âge qu’Inès décide, pour leur bien, de faire face à cette maladie et ne rien laisser transparaitre de son quotidien difficile. Bien qu’elle réfléchisse une image de façade, Inès est consciente aujourd’hui que si elle a pu surmonter toutes les contraintes de la maladie, c’est grâce à ses proches, familles et amis qui l’ont toujours soutenue.

Pour autant, il y a eu des moments compliqués. Le regard des autres a été très pesant pour Inès, surtout lors des années lycée. Les réflexions faciles et blessantes ont été stigmatisantes lors des pauses déjeuner durant lesquelles elle devait se faire des injections d’insuline :

« Regardez la droguée ! Elle se pique ! »

Ces réflexions quotidiennes ont amené Inès à rechercher un moyen plus discret pour se soigner et son médecin lui a recommandé le recours à une pompe à insuline.

Lors de son passage en études supérieures, Inès rencontre de nouvelles personnes qui s’intéressent à la maladie mais d’une toute autre manière. C’est un regard plus mature, plus réfléchi, dénué de toute animosité qui est posé sur la maladie. Inès prend alors le temps d’expliquer, renseigner, apprendre à ses amis. Dès lors, elle prend conscience que peu importe le regard des autres elle l’affrontera. Fini cette pompe à insuline qu’Inès n’avait jamais réellement souhaitée, elle retourne aux stylos à insuline et n’hésite plus à faire face aux regards des autres. Inès sait qu’elle n’est pas la seule diabétique de type 1 et pourtant tout au long de son parcours c’est un sentiment de solitude qui l’a habité. Suivant les conseils de ses amis et proches, elle décide d’utiliser les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix et dire aux autres diabétiques qu’ils ne sont pas seuls ! Elle crée sa page « Inèspliquée » sur laquelle elle relate son quotidien et dispense des conseils pour les diabétiques.

Le quotidien d’Inès est défini par sa maladie et sa maladie le lui rappelle plusieurs fois par jour. Les injections d’insuline doivent se faire avant chaque repas ou grignotages ainsi que tous les matins et soirs. Les contrôles glycémiques sont améliorés grâce à son lecteur mais c’est un geste qui doit être répété entre 6 et 7 fois par jour. Chaque aliment doit être pesé pour compter les glucides qu’il contient mais Inès sait profiter de la vie :

« J’adore manger et je ne vais pas me priver à cause de la maladie ! J’adapte juste mes doses d’insuline selon ce que je mange »

Inès aime aussi voyager, marcher, visiter et elle relate toutes ses activités sur sa page Facebook.

« L’organisation est un peu différente, je dois prévoir des stylos d’avance et une piqure d’urgence. La pochette réfrigérée, je ne la prends que lors de longs voyages… J’ai toujours du re-sucrage dans mon sac et mon ordonnance »

Inès déplore aujourd’hui la méconnaissance de sa maladie malgré son ampleur.

Elle regrette également que cette maladie soit source injustices sociales.

« Le diabète peut poser problème à l’embauche, un de mes amis a connu une baisse de salaire après avoir déclaré son diabète… Pour ma part, j’ai fait de la maladie une force et j’en parle dès l’entretien d’embauche à mes futurs employeurs. J’arrive à les convaincre que la maladie forge mon caractère, me rend plus responsable, mature et persévérante. Ce qui est vrai ! »

Le diabète est une contrainte de tous les instants, toutes vos actions quotidiennes vous renvoient à votre maladie. Grâce à des personnes comme Inès qui n’hésite pas à partager, aller vers les autres et avancer dans la vie en faisant de sa maladie une force que l’éducation de la population se fera.

Marchez, courez, partagez : vivez.

Hugo Villard

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